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Traversée des arêtes de Rochefort et descente via le glacier du Mont Mallet

Grand froid et beaucoup de vent dans le massif, mais jour de libre, du coup on en Profite. Avec Fred et Zab, on décide de se diriger vers la magnifique traversée des arêtes de Rochefort, puis descendre via la calotte sommitale via le glacier du Mont Mallet. Pas d’infos sur la fameuse descente, on avisera sur place.

On se donne rendez-vous pour 8h pour attraper la première benne. Le hic, c’est que la veille on fêtait l’anniversaire de la vieille sacoche de Fred et du coup on arrivera péniblement à avoir la benne de 9h10.

Une arête et un début de Vallée Blanche plus tard, on chausse les skis pour entamer la montée en direction de la Dent du Géant et des arêtes.

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L’avantage d’avoir ce genre d’idées farfelues, c’est que le monde, ben on le voit pas. Et ça c’est un luxe dans ce massif.

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La remontée jusqu’à la Salle à Manger ce fait en bonne condition. De la bonne neige ou la trace est facile à faire.
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De là on aperçoit l’enfilade des arêtes de Rochefort, avec de belles corniches…. Ça va pas être facile à tracer.
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L’avantage par ces périodes sèches, c’est que les passages en rocher se font facilement.
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Sommet de la calotte de Rochefort à 4001m, enfin on attaque la descente.
Ne connaissant toujours cette partie la, on préfère commencer à descendre en crampons et voir ou l’on peut chausser les skis.
On contourne tant bien que mal par la rive gauche, pour éviter l’énorme marche qui nous barre la route, en désescaladant dans un terrain pas très solide.
Enfin on chausse sous l’imposante face de sérac, pour skier le glacier du Mont Mallet.
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Skier sous les Jorasses reste toujours un plaisir!!
Du coup, on arrivera trop tard pour avoir le dernier train. On finira donc cette belle journée par la descente à pied à Chamonix.
En gros conditions corrects pour monter à la Dent du Géant, très délicates pour la traversée des arêtes et techniques pour la descente du Sommet.

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Ice trip Norway – Décembre 2016

Un petit résumé de notre voyage au pays du soleil non levant, dans le nord de la Norvége.

L’hiver s’est connu, il fait froid, il y a de la neige, du vent, et surtout il n’y a pas beaucoup de soleil. On attend tous avec impatience le retour de cet astre qui vient nous réchauffer.
Chez nous en France c’est assez facile. Certes il se lève plus tard et se couche bien trop tôt, mais au moins on le voit.
Alors pourquoi aller dans un endroit ou durant 3 mois, le soleil ne pointe même pas le bout de son nez. Voir pire, il n’y a que 3/4h grand max de luminosité.
Très simple, quand on aime, on peut se passer de beaucoup de chose. Et la Norvège, on l’aime.

Le début de notre trip commencera dans les Alpes de Lyngen à Jægervatn. On logera chez l’habitant, un couple très sympathique qui nous conseillera sur nos premières cascades à gravir.
On découvrira les cascades de Koppangen, Kåfjorddalen.

Les premiers jours, on été encore trop réglé à la Française. Levé tôt, pour arriver tôt et profiter d’une belle journée de cascade. Or se lever tôt signifie partir à la frontale, faire la marche d’approche à la frontale, trouver la cascade de nuit, grimper 3h avec un peu de lumière, grimper à la frontale, descendre à la frontale et revenir à la frontale….

Bref il faut prévoir 3/4 batteries de rechange pour passer une journée de glace par -15/-20º

Du coup on à changé nos plans. Grasse mat jusqu’à 10h, marche d’approche dans le jour, on repère facilement les cascades, on attaque de jour, et on fini tout de nuit. On rentre de nuit, mais bon de toute façon il fait tout le temps nuit.
Le seul problème c’est les photos… De nuit même avec un flash, au vue du taux d’humidité dans l’air cela ne rend rien du tout. Et grimper en faisant des longues poses nécessite d’être bien organisé. Du coup on optera pour des souvenirs de cascade dans nos petits cerveaux.

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Seconde partie du trip cascade, on décide de descendre plus au sud à Bardujord dans la vallée de Sørdalen.
Une magnifique vallée avec des cascades de 500m dont la mythique Skredbekken.
Sur les conseils des “guides locaux” qui nous disent que la vallée ne peut être qu’en bonne condition au vue du froid, on s’y dirige avec hâte.
Après 4 bonnes heures de route sous la neige et le vent, on arrive dans la dite vallée et on découvre, que certes la neige est présente, mais par contre la glace, elle, n’est pas trop la.

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Cascade Skredbekken WI5

Grosse déception de voir tout ce potentiel réduit à quelques bout de glace pendant.
Vue qu’on avait réserver pour 3 nuits ici, autant profiter des saveurs locales.
Localement ce qui se fait de bien ici, c’est la visite du Polar Park qui propose une visite des animaux vivants en Norvège.
Très sympa de voir des Rennes, Lynx, Moose, Loup, Musc, cela nous fera oublier le manque de glace pour 1 journée.

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Quand tu es en Norvège, il te faut absolument deux applications indispensables.
La première pour consulter la météo et l’autre pour “chasser” les aurores Boréales : les célèbres northern lights.

Quoi de plus beau que de voir ces formes de couleurs si vives, danser dans le ciel. Par contre même avec de fortes prédictions à en voir une, encore faut il avoir le temps qui va.
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Quand c’est rouge, normalement on peut pas les louper. Du coup on chauffe la voiture et on part en direction d’un coin de ciel dégagé pour observer ces phénomènes si particulier.

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L’avantage c’est que vue qu’il fait tout le temps nuit, on a pas l’impression qu’il est tard.
Objectif 1, voir des northern lights c’est fait. L’objectif numéro 2, est d’essayer d’en filmer pour voir le mouvement lorsqu’elles se dandinent dans le ciel.
On se dirige vers le spot mythique, en Suède, à Abisko. 1h30 de route de Narvik.

De la, on pourra cumuler glace et northern lights dans la même journée.

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Le problème c’est qu’après 2h de grimpe par -19º sur une glace cassante, on rentre vite ce mettre au chaud. Et la on constate qu’il est 14h…. il faut attendre 21h voir 22h pour commencer à voir des northern lights.
Même après avoir dévalisé le seul magasin de chips, et constaté qu’il n’y avait aucun endroit pour manger ou boire quelque chose de chaud, on décida de rentrer.
Avec un peu de change, on en verra sur le retour. Durant la soirée la neige est encore tombée et on ne verra rien ce jour la.

Pour finir le trip en beauté, on décide de se faire une nouvelle journée “touriste”. Cette foit c’est observation d’Orques et Baleines au programme.
Départ de Tromso, sur un bateau semi rigide, et sous une légère pluie fouettante, on se dirige au large équipé comme de vrai marin.
Arrivé sur zone, on attendra juste 5 min avant de voir ces beaux et majestueux animaux sortir de l’eau.

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Déjà voir l’eau sombre, ne m’attire pas du tout, mais savoir qu’il y a des poissons capable de jouer avec toi comme tu joue avec une souris, ne m’emballe encore moins.

Pour résumer, la Norvège c’est un pays ou y a beaucoup de chose à faire, voir, grimper. Faut juste aimer vivre dans le noir, le froid et la neige.
une expérience magique!!!

Merci ASOLO Lowe Alpine Eclimb et Vertical de me suivre et me soutenir dans ces magnifiques voyages.

Et surtout merci à la courageuse Queyrasinne de me suivre dans toutes ces aventures.

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L’effet du soleil après 12 jours d’absence

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Cascade Hasta la Vista – Face nord de Gramusat – Freissinieres

L’idée du jour était de faire une belle cascade en compagnie d’un Champsaurin : le Juju Duss, et d’une Queyrassine : La Zab.
Au vue des conditions grimpantes dans la face nord de Gramusat, on opte pour Géronimo, avec le passage en mixte au départ.
Première longueur et on arrive au dry. Un vieux piton et un spit de 8 nous accueille pour cette portion en dry. Malheureusement, la glace est encore trop pauvre et cassante, pas moyen d’y arriver sans tout casser.

A partir de la, changement de programme. Direction Hasta La Vista, le gros cigare qui pend avec une première longueur en dry. La sortie du toit est juste magnifique. Prendre pied sur cette énorme cigare qui pend de 15m dans le vide. Une ambiance juste magique!!!

La longueur d’après restera comme l’une des plus belles de la saison: 35m de glace dans un dédale de pétales, à nettoyer pour se frayer un chemin.

On terminera la journée par la fin de la directe des Ombres.

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Cascade de la Pisse – Pelvoux

Depuis le temps que l’on lorgnait cette cascade de la route, il fallait bien un jour y aller.
Il faut réunir pas mal de condition pour pourvoir la gravir, car cette dernière ce trouve en versant sud, du coup elle prend le soleil vers 14h. Il lui faut du grand froid et un froid qui perdure.
ça tombe bien, car cela fait 15 jours que ce froid s’est installé chez nous, et les conditions commencent à être bonnes.
Dimanche premier repérage, mais la première longueur n’était pas formée complètement.
Second essai avec le Thom. On arrive au pied, et même le tube de droite touche. Cela semble bon !!!!

Première longueur, c’est fin, mais ça passe avec un bon dévers sous les pétales, puis 20m de glace raide en sorbet.
un bon relais en pleine face. La seconde longueur certes moins raide, mais qui demande toujours de l’attention. On arrive au sommet avec le soleil qui nous accueille.

Superbe cascade avec en toile de fond, le massif des Ecrins avec le somptueux Pelvoux, et le village de Pelvoux.

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Goulotte Emeraude de droite, bivouac et repérage Glacier Noir

Le printemps arrive, et avec lui le bourgeonnement des goulottes.
Le massif ayant ouvert ses portes ( la route du Pré de Madame Carle ouverte jusqu’au bout ), cela rend la tache bien plus facile.

Avec deux jours de beau temps, avec Zab on choisis l’option une seule marche d’approche et un bivouac sur le glacier, afin de rentabiliser celle-ci.

Arrivé sur place, les conditions sont la. Beau temps, les lignes ont l’air d’être bien formées, reste plus qu’à y aller.
On penchera pour l’Emeraude de droite. Dans l’ensemble les conditions sont bonnes, neige couic, de la glace. Les deux ressauts raides, se passeront en dry par contre.
A la descente aucun rappel en place par contre. On a du équiper 3 rappels, et faire de la désescalade dans les pentes.

Retour au bivouac, pour passer une nuit sous un ciel magnifique et un froid bien piquant.
Le lendemain matin, les nuages sont la…. le mauvais arrive pour le we.
Retour à la voiture sur une neige de printemps.

 

 

 

 

 

 

toujours aussi pratique ces petites broches

 

 

 

 

 

 

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Ski trip Alaska, au pays de la pente raide et des ours

Voila bien des années que je voulais aller tester la neige d’Alaska. Entre les photos et les vidéos de Freeride, cela donné vraiment envie de lancer ses skis dans ces pentes magnifiquement vierges.

C’est ainsi qu’avec Paul, on décide de s’y rendre pour aller vérifier les dires des locaux.
Un long voyage de 20h, et nous voila plongé au coeur d’Anchorage.

Sans attendre, le lendemain on se dirige dans une vallée, gardée par les ours, afin d’y découvrir son potentiel.
C’est dans la vallée de Eagle River, vers le Raina couloir.

A peine arrivé que l’on y voit des lignes de partout. Couloirs, faces… tout est possible et la neige a l’air bien bonne pour un mi-avril.

On choisira l’option couloir à remonter afin de vérifier l’état de la neige à la montée.
Du sommet, on aura une vue à couper le souffle.

On partira ensuite d’Anchorage pour se rendre à Hatcherpass. Un col perdu au dessus de Palmer, donnant accès à un domaine immense. De plus il y a possibilité de louer un motoneige, afin de vous faire convoyer au fin fond des vallées.

Notre premier objectif sera le couloir Nord Est de Pinacle au dessus de la Gold Mine.
Magnifique couloir de 400m entre 45 et 50º tout en poudre.
Puis Rae Wallace chute face typique d’Alaska  300m 45/50°

On finira à Hatcherpass par la mythique face de Gourvernement Peack. 400m entre 45 et 50°.

A partir de la le mauvais temps s’installe. Pluie et chaleur au programme, qui nous forcera à changer les plans de notre dernière semaine.

Superbe expérience dans ce pays, qui offre des possibilités infinies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nouvelle ouverture en dry tooling – “Prince volant” 200m D6 max

Apparement la saison de glace touche à sa fin. Après 10 jours de grand froid et de grimpe intense dans la vallée de Freissinières, nous voilà sur les dents. Et surtout en manque de glace raide pour des clients avide de cette sensation.
Du coup, ayant toujours sous la main Pierre CHAUFFOUR, le photographe en quête de vidéos et photos de mixte climbing ou dry tooling, je lui propose d’aller ouvrir une nouvelle voie de dry tooling dans la même face que “Biaysse ta culotte” ouvert en 2012 par les guides Fred et Jonathan.
L’idée est lancée. Le programme est simple, faire une voie accessible pour tous. Mais quand on voit le profil de la face, le défi va être dur à réaliser.
Jour 1: on part du bas, classique. Première longueur pas trop raide sauf la sortie avant le relais. D5+ 9 pts
Prévoir des sellettes pour le relais, car il est plein gaz!!!
On attaque la seconde longueur. La plus jolie, sur une proue rouge en gros dévers. 8pts plus haut nous voilà au relais. Plus de batterie on plie bagage.
Jour 2: Avec Zabou comme cobaye, on décide de venir tester les 2 premières longueurs. Pour cela, Pack viendra nous donner un coup de main. Avec Pierre, ils partiront en éclaireur pour finir la seconde longueur et commencer les suivantes avant notre arrivée.
Grimper dans cette deuxième longueur ne laisse personne indifférent. 100m de gaz sous les pieds, pendu sur les piolets sur une proue magnifique. Que du bonheur. Un bon D6.
Jour 3: je décide d’emmener mes deux clients dans cette voie par manque de glace. On verra vite si notre défi d’ouvrir une voie pour tous est réalisé.
Même s’ils ont souffert un peu, ils seront ravis de cette expérience unique et repartiront avec des photos aà couper le souffle.
Jour 4: cette fois en mode grimpe entre guide et photographe uniquement. Juste histoire de confirmer cette belle voie, et de la peaufiner pour la rendre grimpable à 100%
Un nom sortira rapidement ” prince volant”. L’histoire est simple, un paquet de gateau “prince” pour 2 cordées. Vu que tout le monde en voulait, on a du se “lancer” les gateaux… Bref il y a eu plus d’échecs que de réussite.
Voilà comment passer 4 jours dans une face nord, et donner vie à une voie magnifique.
Merci à Pierre et Pack Zabou pour l’ouverture, et merci surtout à Isabelle et Martial pour la première répétition de cette voie en mode “clients”

 

 

 

 

 

 

 

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“Border Line” mixte climbing à Freissinieres

Le froid s’est installé, mais plus pour très longtemps. Vite arrivé et aussi vite reparti.
Du coup on profite encore du temps froid pour continuer notre semaine de cascade de glace et de mixte climbing.
Après “New génération“, nous voilà dans Border Line, Une ligne ouverte par Fred et Jonathan décembre 2014.
Cette ligne se trouve juste au dessus de Paulo folie au parking de Dormillouse. 30 min d’approche depuis le parking par la voie de descente de Paulo folie.
2 possibilités pour attaquer. Choix un la glace quand elle est en condition. Cette année, c’était encore très fragile, on a pu la gravir uniquement en moulinette. Impossible de poser de bonnes protections pour grimper en tête.
Choix 2, par le mixte 10m à droite de la glace. 2 spits en place pour sécuriser la longueur. Très technique car peu de prise franche, et difficile de mettre de bons points. Un bon M8 qui reveille.
Seconde longueur toujours aussi magnifique. Une grande traversée de 25m sur la gauche avec de fin placage, de bonnes fissures, puis on arrive dans une grosse fissure. L’an dernier on l’avais gravi avec les mains en posant les friends 5 et 6. Cette année la fissure était entièrement en glace, et la pose de friends était impossible. Juste une micro broche ancrée de moitié à “sécurisé” la progression. M5+
La troisième longueur, et un court passage bien déversant pour attraper une chandelle de glace. Cette longueur est toute spitée, mais c’est certainement la plus physique, M8
On aura eu encore la chance de partager cette belle journée avec notre photographe Pierre CHAUFFOUR qui continue de faire des images pour le film “Génération dry” qui devrait sortir l’automne 2016.
On à hate de voir les images !!!

“New Generation”, une ascension trois étoiles !!!

Juste après l’Ice Climbing Ecrins qui se déroulais du 14 au 17 janvier, un photographe au nom de Pierre Chauffour nous contact pour faire quelques images en glace et mixte. En effet ça fait déjà un an qu’il film plein d’athlètes en Europe pour son projet de film “Generation Dry” qui sortira l’automne prochain.
Il était dans les environs alors, il nous a appelé pour savoir si nous étions disponibles pour quelques journées.
Il a tout le matos pour faire du bon travail, appareil photos de ouf avec plein de zob’jectifs de paparazzi et aussi chose peu commune pour ce genre d’aventure un drône.
Nous avons foncé sur l’occasion car il y a quelques voies de choix en conditions en ce moment et ce serais dément de faire des images avec un drône, au vue de l’ambiance et du gaz de la voie.
Notre choix c’est donc naturellement porté sur “L’ensemble de Mandelbrot” avec sa connection en dry “New Generation”. On est pile dans le thèmes du film.

 

 

 

 

 

Ouverture goulotte Le Prestige des Ecrins – Pic Sans Nom-Face Nord

Cela fait 10 mois que la vision de cette goulotte nous hantait l’esprit.
C’est en janvier dernier que les guides d’Écrins Prestige, Frédéric DEGOULET et moi même, sommes tombés nez à nez avec cette ligne de glace parcourant toute la face nord du Pic Sans Nom, alors que nous redescendions de la goulotte Marshall’Ombre.
Malheureusement, quelques jours après, la neige faisait son apparition mettant un terme à ce projet.

Ce n’est qu’en Octobre 2015, lors d’un retour de la goulotte Grassi, que Nicolas DRAPERI nous fit passer une photo de la face. A notre grand bonheur la goulotte s’était reformée dans son intégralité.

La motivation et le créneau météo étant là, il ne nous restait plus qu’à trouver un troisième joueur pour partager les joies d’une ouverture en face nord. Reformer le même trio qui avait sévi cet hiver en face nord de Gramusat lors de l’ouverture, « A trois c’est mieux« , nous paraissait être idéal.

Benjamin BROCHARD serait de l’aventure, l’équipe d’Écrins Prestige allait être à nouveau réunie..!
De nos jours, penser trouver une ligne vierge dans le massif des Écrins est chose rare, surtout avec les féroces montagnards avides d’ouverture qui jalonnent nos contrées. Pour cela on fera profil bas, durant la préparation et l’endroit de notre périple.

Départ ce lundi 19 octobre 2015, à 8h du Pré de Madame Carle, direction le pied de la face, pour environ 3h de marche avec de bons gros sacs.
Nous partons pour un objectif de 2 jours de grimpe et une nuit en paroi. La face ne faisant « que 1000m », nous pensons sortir des difficultés le premier jour, et dérouler le second jusqu’au sommet.

Les premières longueurs vont vite nous rappeler que le rocher de l’Oisans ne nous laisse pas trop de possibilités de protection, et ralentit nettement l’ascension. Bilan de la première journée, 5 longueurs dont la seconde particulièrement démente à grimper et à protéger pour un total de 5h de grimpe. On trouvera un emplacement de bivouac idéal dans la roture (cavité, créée du fait de la gravité, entre le pied de la paroi rocheuse et la fin de la pente de neige). Un grand luxe avec tout le confort pour passer notre première nuit en pleine face nord. Pendant que Benjamin fixe la prochaine longueur, nous confectionnons le bivouac, et profitons d’un couché de soleil exceptionnel sur le massif du Mont Blanc.
Au menu du soir, 4 lyophilisés, du thé, et une petite tartelette. On gardera 1 lyophilisé, fromage, jambon et un bout de pain pour notre « dernier » jour.

Second jour, levé à 6h45. Une nuit « pas pire », malgré quelques spindrifts (petite purge de neige poudreuse…) infiltrés dans nos duvets. Une fois le matériel rangé, le petit déjeuner pris, on part pour notre soi-disante dernière journée dans la face. Benjamin se met à l’œuvre et enchaîne les nombreuses longueurs de glace/neige. Rien de techniquement éprouvant mais la face n’en finit pas. Pratiquement toutes nos longueurs seront entre 50 et 55m. Dans ce rocher compact, ce n’est pas facile de trouver de quoi faire de bons relais pour hisser le sac, on passe pas mal de temps pour mettre de bonnes protections et la glace n’est pas assez épaisse pour poser des broches.

On arrive au second passage clé de la face. La jonction entre le bas de la face, et « l’araignée » suspendue en plein milieu. Sur les photos, cela ne nous inspire pas beaucoup. La glace nous parait très fine, voir inexistante, le passage en rocher incertain, bref on doute pas mal. Arrivés au pied du bastion rocheux, Frédéric prend le relais, et s’attaque à la première longueur en rocher. Magnifique passage de 25m en légère traversée à gauche. De là on hésite à partir à gauche, où le rocher parait plus couché, ou continuer tout droit. On distingue la grande rampe qui va nous mener à « l’araignée » de glace suspendue. On partira tout droit, pour faire à nouveau une belle longueur très technique en dry pur de 30m. La troisième longueur en rocher se fera en traversée droite avec un passage très aléatoire pour la pose de pieds et de piolets. Belle démonstration technique et mentale de Fred. La longueur se finira par une traversée dans de la neige/glace difficile à protéger sur 20m. Bilan, 80m de rocher en M6+ ou 6a en grimpe qui nous auront donné du fil à retordre.
De là, je reprends le lead, pour finir la journée.
Une grande traversée sur la droite nous fait prendre pied sur « l’araignée » suspendue. Un gaz époustouflant nous donne vue sur la Raie des fesses en contrebas. Pour les amateurs de Base jump, c’est un exit idéal !!!

Un nouveau bivouac (imprévu) s’impose.

Et oui, avec toutes ces longueurs, il est déjà 16h et nous sommes très loin de la sortie. 2 longueurs après, on décide d’arrêter pour confectionner notre second bivouac suspendu . Nous creuserons sur 1m50 de hauteur, 4 de long et 1 gros mètre de large pour pouvoir espérer poser nos fesses à plats.

Bilan de cette journée, 11 longueurs dont 3 en rocher, pour un total de 10h de grimpe.
Malheureusement, nos duvets n’ont pas pu sécher et seront même pour certains encore gelés. La nuit s’annonce agréable… Au repas du soir : 1 « lyoph » pour 3, 1 morceau de fromage et un bout de pain chacun. Il ne nous restera que 2 tartelettes chacun et du jambon pour le petit déjeuner du lendemain. Heureusement, le gaz ne nous fait pas défaut, ce qui permet de bien boire le soir même et, « à priori » jusqu’à la sortie…

Après une nuit sous le signe du vent et des spindrifts, même réveil à 6h45 et même objectif : sortir absolument de cette face! Il nous reste la moitié à grimper. Plus de nourriture, duvets trempés, et…plus de gaz après avoir fait fondre 3 petits litres d’eau pour la journée… En revanche, nous ne savons toujours pas ce qui nous attend au dessus. Cela ne devrait pas être trop dur théoriquement, mais le passage reste incertain.

Je continue à grimper. Les longueurs s’enchaînent sans trop de difficultés avec toujours cette glace fine à protéger. La partie finale est une belle goulotte en glace noire plus épaisse qui nous permettra de mettre enfin de bonnes broches. Nous atteignons le sommet : il est 15h.

Bilan de la journée : 13 longueurs.

On distingue enfin le soleil sur le glacier de Sialouze mais la partie n’est pas finie. Il nous reste la fameuse descente de la face sud du Pic Sans Nom. 3 rappels nous mènent sur une banquette de neige. Une longue traversée horizontale d’au moins 200 mètres sur la gauche nous mène au couloir le plus à l’Est du Pic. Un dernier rappel et nous voila sur le glacier. De là 10 minutes nous suffiront pour arriver à la Bosse de Sialouze et enfin profiter des joies de cette ascension ! 20 minutes de soleil pour nous requinquer,se relâcher et laisser retomber la pression. L’euphorie nous gagne…c’est l’heure de… la danse du soleil…!2h après nous avons regagné la voiture, et bientôt la maison, il sera 22 heures.

Ces trois jours en montagne ont été extrêmement intenses, psychologiquement, physiquement et humainement : l’ouverture de cette voie magnifique dans le style Alpin nous rappelle à l’essentiel :

3 potes dans une face mythique, les contraintes nécessaires et évidentes au vu des vivres, des difficultés de la course et des imprévus horaires.

Ici où nous n’avons de cesse d’apprendre de la Maîtresse du jeu, nous nous confortons encore dans l’idée que la cohésion d’une équipe et son niveau d’exigence réciproque sont la clé de toutes les victoires.

Jonathan Joly , Frédéric Degoulet et Benjamin Brochard vous saluent.

Matèriel :

Aucun matériel laissé (ni perdu) dans la face, juste 3 sangles à la descente.

Pour les répétiteurs : « Le Prestige des Écrins »

1000m. M6+ ou 6a/V/29 longueurs.
2 cordes de 60m
10/12 broches à glace
5 pitons
000 au 3 friends camalot X2 jusqu’au 1